scrim

Imbroglio au CCI sur les nouvelles technologies

Ne coupez pas ! (29 juin – 26 septembre 1983)

abstract

Au début des années 1980, le Centre de création industrielle conçoit trois expositions traitant des nouvelles technologies. La troisième, qui se nomme « Ne coupez pas ! », est inaugurée le 29 juin 1983 et aborde les nouveaux moyens de communication. Contrairement aux deux précédentes, elle n’est pas organisée par l’Atelier de Recherche en Techniques Avancées (ARTA), mais par Marc Girard, spécialisé dans les expositions de société. Ce changement de commissariat marque un tournant du traitement des nouvelles technologies par le CCI : il abandonne une dynamique de laboratoire de recherche et se positionne comme un institut de vulgarisation scientifique. Avec l’aide des archives du Centre Georges-Pompidou, nous tenterons de comprendre les raisons de ce changement d’orientation du CCI, ainsi que les répercussions de celui-ci. « Ne coupez pas ! », qui se situe à l’articulation de la fin de l’ARTA et de la mise en place d’une cellule des technologies nouvelles au CCI, constitue ainsi un cas d’étude pour saisir les préoccupations de l’institution mais aussi les signes avant-coureurs de son désengagement de la thématique des nouvelles technologies.

Introduction

Au début des années 1980, le Centre de création industrielle (CCI) conçoit trois expositions traitant des nouvelles technologies1. La troisième, qui se nomme Ne coupez pas ! (Fig. 1), est inaugurée le 29 juin 1983 pour une durée de trois mois et aborde les mutations de la communication induites par ces nouvelles technologies et leurs influences sur la société. Le CCI apparaît alors comme une institution consciente que cette décennie est sur le point de constituer « un saut majeur [de l’histoire du numérique] qui a changé toutes les propriétés sociales de l’informatique2 » grâce à la généralisation de l’ordinateur personnel et la naissance d’Internet.

Contrairement aux deux expositions précédentes – Création graphique et ordinateur (Fig. 2) et Générations infographiques : images du futur (Fig. 3) –, Ne coupez pas ! n’est pas organisée par l’Atelier de Recherche en Techniques Avancées (ARTA), un atelier informatique de recherche et création graphique dirigé par l’artiste et ingénieur Christian Cavadia, qui existe au sein du Centre Georges-Pompidou depuis 1975 et a été rattaché au CCI en 1978. Le commissariat est en effet confié à Marc Girard, concepteur des expositions Nouvelle cuisson en 1980, De métros en tramways en 1981 et Pêches maritimes : traditions et innovations en 1982, dont l’approche se nourrit davantage des sciences de l’homme et de la société que d’une connaissance des technologies exposées.

Marc Girard s’entoure d’une équipe pluridisciplinaire, formée entre autres de philosophe, d’économiste et d’ingénieur3, et se concentre sur la médiation des techniques, quand l’ARTA, composé d’une poignée d’informaticiens centrés sur leur pratique d’expérimentation, élaborait ses expositions en interne. Cette différence de commissariat révèle un changement de direction du traitement des nouvelles technologies au sein du CCI, qui s’écarte de la mise en place d’un laboratoire de recherche qui soit force de proposition et se détache du thème de l’infographie.

Ne coupez pas ! est dès lors la concrétisation d’un nouveau rapport aux technologies informatiques ainsi qu’un changement du public auxquelles les expositions sur ce thème s’adressent. Alors que les recherches de l’ARTA, concernant principalement les designers et les informaticiens, prennent fin, nous assistons à la mise en place d’une tentative de médiation des outils de communication de masse qui vont affecter toute la population française.

La reprise en main par le CCI du thème des nouvelles technologies

En 1978, le CCI organisait l’exposition CAO. Conception assistée par ordinateur (Fig. 4), première exposition du Centre Georges-Pompidou dont les nouvelles technologies de l’information sont le sujet principal, mais dans les années qui suivent, le CCI ne semble plus véritablement s’emparer de cette question, la déléguant à l’ARTA, placé sous sa tutelle depuis 1979, qui avait déjà participé à la mise en place de CAO, et qui, lui, est relativement indépendant par ses choix méthodologiques.

La question ARTA

Fondé en 1975 au sein du service informatique de l’Établissement public du Centre Beaubourg (EPCB) à l’incitation de Christian Cavadia, l’ARTA se présente bien comme un atelier informatique de recherche et de création artistique et s’appelle alors « Techniques Avancées d’Information et de Communication ». Tout en mettant en place des expérimentations graphiques qui relèvent ainsi du laboratoire de recherche en art computationnel, il est aussi appelé à soutenir sur le plan informatique tous les départements de l’EPCB. Il constitue ainsi un organisme polyvalent, ce qui explique peut-être le choix de son logotype, où les A de son acronyme semblent pointer dans toutes les directions (Fig. 5) : les missions que se donne l’ARTA sont multiples et sûrement trop éparses pour le peu de personnes qui le composent (les effectifs ayant rarement dépassé la quinzaine de personnes, bénévoles y compris). En effet, dès 1975, quatre objectifs sont établis, tels que :

Mettre à la disposition des artistes des outils de travail modernes, comparables à ceux dont disposent les musiciens dans le cadre de l’IRCAM ; Être le précurseur de nouvelles formes de promotion de la culture ; Permettre au public (adultes et enfants) de s’informer, d’assister et de participer directement au processus de création artistique ; Effectuer des recherches pour améliorer les outils existants et en développer d’autres4 .

Ces vastes ambitions, démesurées par rapport au faible budget alloué, prennent sens au sein d’un institut qui se considère alors comme « précurseur de nouvelles formes de promotion de la culture, d’École de Paris [une sorte de modèle à l’échelle internationale] dans le domaine de l’aide à la création artistique5 ». Fin 1978, elles semblent désormais mal orientées. Les conditions du Centre ont changé, l’EPCB a fait place au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou qui adopte une « conception plus traditionnelle de la muséographie en abandonnant, à l’exception de l’IRCAM, l’idée de laboratoire de création6 ». En effet, son plus fameux directeur, Pontus Hulten, préfère s’abstenir, faute de moyens, d’assurer une véritable aide à la création dans le domaine de l’image, et cette direction est suivie par l’ensemble du Centre, même après son départ en 1981, ce qui met en difficulté l’ARTA. Comme l’explique le CCI en 1982 dans un de ses rapports :

Pontus Hulten préfère s’abstenir [d’assurer une véritable aide à la création dans le domaine de l’image]. Mais il n’envisage pas non plus de laisser à d’autres le soin d’une action dans ce sens au sein du CNAC G. Pompidou. Pontus Hulten se prononce donc pour la suppression de l’ARTA. Bien qu’il ait depuis quitté le MNAM, la position de l’ancien directeur est connue, car largement diffusée7.

En 1979, privé de son lieu ouvert au public, l’ARTA bénéficie toutefois d’un sursis par son rattachement au CCI. Jacques Mullender, directeur de ce dernier de 1976 à 1982, ne lui donne pourtant aucune directive et n’effectue aucun contrôle sur l’ARTA pendant plusieurs années. L’atelier continue ainsi ses recherches et met en place Création graphique et ordinateur en 1980 et Générations infographiques : images du futur en 1982, deux expositions montrant les possibilités graphiques de l’ordinateur et des logiciels de création élaborés par l’ARTA. Jean-Claude Risset, membre de l’IRCAM, indique pourtant, dans une note à Pierre Boulez, qu’« on », terme laissé volontairement flou et englobant, reproche à l’ARTA et surtout à Christian Cavadia de présenter ses œuvres personnelles, jugées médiocres. Cette remarque est un reproche envers les membres de l’ARTA d’une tendance à l’autopromotion, qui semble ne pas correspondre tout à fait aux objectifs du CCI, c’est-à-dire de « faire prendre conscience […] de ce “phénomène industriel” [qu’est l’informatisation] au public du Centre Georges-Pompidou afin que celui-ci puisse être “partie prenante” de cette informatisation pour la comprendre, la maîtriser, donc influer dans sa mise en œuvre et son utilisation8. » En effet, le CCI veut privilégier un accompagnement des publics, qui devraient être incités à manipuler et comprendre les enjeux et les techniques exposées. Une volonté d’encapacitation9 des visiteurs dans une visée d’émancipation.

Les incompréhensions entre le CCI et l’ARTA augmentent, les financements de l’un à l’autre diminuent petit à petit et de nombreux projets de l’ARTA sont refusés. En 1983, Paul Blanquart prend la direction du CCI et tous les membres de l’atelier sont congédiés, excepté Christian Cavadia, qui est chargé d’une seule mission : développer des logiciels pour le Centre Georges-Pompidou. L’ARTA ainsi écartée permet au CCI de se ré-emparer des nouvelles technologies selon ses propres objectifs didactiques. La mise en place de Ne coupez pas !, notre cas d’étude, la même année, est alors la démonstration d’un traitement de cette thématique souhaitée par l’institution, mais à laquelle l’ARTA ne voulait ou ne savait obtempérer.

La réorientation de la computation vers la communication et la société

Ne coupez pas !, accompagnée du sous-titre Nouveaux médias et communication, aborde de nouveaux thèmes et permet d’élargir le public du CCI en abordant de façon différente les nouvelles technologies. Malgré les velléités de parler aussi bien aux praticiens qu’aux non-initiés, les expositions Création graphique et ordinateur, Générations infographiques : images du futur, mais aussi CAO, concernaient les possibilités graphiques de l’ordinateur et leurs utilités dans des contextes industriels comme pour la création de motifs de revêtements. Elles s’adressaient ainsi à des designers, des informaticiens et toutes personnes susceptibles de s’en emparer même si elles souhaitaient être accessibles au plus grand nombre. En abordant les nouveaux médias sous le prisme de la communication, le CCI souhaite s’adresser à tous, en affirmant que « les “nouvelles informatiques” […] permettent potentiellement (et surtout bientôt “économiquement”) de transformer radicalement l’environnement, donc de modifier conceptuellement les habitudes de vie de l’individu10. » Cette direction, tant par le sujet que par le public concerné, était déjà soumise comme proposition de décadrage à l’ARTA11. Il était alors écrit qu’il faudrait que l’ARTA prévoie « des expositions directement centrées sur l’“informatisation de la société”. Les sujets ne manquent pas et une approche, critique et constructive, va totalement dans le sens de cette assimilation collective recherchée12 », ce qui préfigure clairement la mise en œuvre de Ne coupez pas !, dont le titre, expression courante et déjà associée à la communication et aux standardistes, tranche nettement avec ceux des expositions précédentes, plus techniques, voire énigmatiques, pour un public non averti.

En prenant les nouveaux médias sous l’angle décrit, le CCI met en avant leur appartenance aux télécommunications, un domaine qui, par des inventions telles que le téléphone et la radio, fait déjà partie du quotidien des Français, davantage que l’informatique. Le CCI, attentif au bouleversement de ce champ technique, déclare dans ce même rapport qu’« il est indéniable que la décennie en cours sera celle de l’informatisation “tous azimuts” de la société13. » Pour parler à tous, le choix du commissariat se révèle alors extrêmement important, et au lieu de la poignée de spécialistes des ordinateurs de l’ARTA, le CCI confie l’exposition à Marc Girard, spécialiste des « expositions de société » selon les catégories du catalogue raisonné du Centre Georges-Pompidou. Celui-ci va s’entourer d’experts dans différents domaines. Le philosophe Claude Baltz, l’économiste Jean-Marc Lepers, l’ingénieur Alain Lelu, la politologue Marie Thonon le rejoignent pour plusieurs réunions et participent ainsi au fonctionnement d’une équipe pluridisciplinaire qui finit de tourner le viseur de l’exposition vers les sciences de la société.

Comme le dit Luc Maillet, membre du studio Grafibus qui a collaboré graphiquement et scénographiquement à la mise en place de l’exposition, et qui a régulièrement travaillé avec M. Girard : « avec Marc, il y avait toujours une approche sociale, un peu vie quotidienne ». Cette orientation se ressent dans les partis pris muséographiques. À la place d’images graphiques, résultats de manipulations computationnelles, la quasi-totalité des photographies représentent des hommes et des femmes utilisant l’ordinateur et ses possibilités dans des environnements qui évoquent le quotidien et la domesticité (Fig. 6). Les typographies utilisées renvoient explicitement à des domaines familiers : monochasses de type courrier (Fig. 7), qui rappellent la machine à écrire, et notes manuscrites sur des bouts de papier (Fig. 8), comme pour insister sur l’importance de l’humain dans cette technique environnante. Les logiciels présentés ne sont pas ceux en cours d’élaboration qui invitent, outre la manipulation, à l’imagination pour des possibilités futures, mais des projets créés et expérimentés depuis plusieurs années, comme des jeux, ou des réseaux de vidéoconférence. Dans les archives, on trouve de multiples propositions de conceptions de bornes interactives dessinées par l’Archigraphe studio, une agence bordelaise qui propose des produits aux allures futuristes (Fig. 9). Au sein de l’exposition, les écrans sont incrustés dans les murs et les ordinateurs posés sur les tables, tels des bureaux (Fig. 10), rappellent l’aspect déjà quotidien de ces techniques. Enfin, une plaque de Makrolon ® alvéolaire de presque deux mètres sur six scinde l’espace en deux. La trame de cette cloison reproduit les stries des écrans d’ordinateur de l’époque et filtre, en quelque sorte visuellement, les visiteurs qui entrent dans l’exposition au regard de ceux qui y sont présents (Fig. 11). Cette cloison semble une manière de montrer que la population française est d’ores et déjà au cœur de cette transformation informatique, mais elle affirme surtout Ne coupez pas ! comme une exposition non seulement pour l’ensemble de la société mais dont le sujet se trouve être, à travers le prisme des nouveaux médias, la société elle-même.

Ne coupez pas ! est l’événement fondateur de l’organisme qui succède à l’ARTA. En effet, le CCI annonce dans son rapport d’activité de 1983 la création d’une cellule de recherche intitulée « Technologies nouvelles » avec Marc Girard à sa direction, qui mène une réflexion générale sur l’impact des nouvelles technologies. Cette structure, dont la subordination au CCI est claire dès sa création (Fig. 12), ne fait plus cas d’exception, révélant le même statut que deux autres cellules, l’une consacrée au design et l’autre à l’innovation sociale.

Quelle expertise pour Ne coupez pas ! ?

Contrairement aux démarches de l’ARTA qui exploraient les possibilités techniques pour une projection dans des usages futurs, nous aurions ainsi affaire à une analyse contemporaine des effets des nouveaux moyens de communication sur la société mais surtout à une volonté de s’adresser à un public très large qui va bientôt vivre au contact de cette technologie. L’expertise de Ne coupez pas ! serait donc finalement celle de la vulgarisation scientifique des nouveaux médias, démarche qui dénote avec le positionnement qu’avait pu prendre l’ARTA.

Expertise des nouveaux médias

En effet, afin de justifier son existence au sein du CCI, Christian Cavadia n’a eu de cesse d’envoyer des coupures de presse et des remises de prix internationaux à ses supérieurs afin de montrer que « le travail de l’ARTA est celui d’un travail de pointe », « reconnu davantage à l’étranger qu’au sein du territoire français », même si le peu de financement les empêche d’être compétitifs sur le long terme. Ces quelques artistes et informaticiens qui faisaient vivre l’ARTA, s’ils ne s’adressaient pas au plus grand nombre, effectuaient un travail qui relevait d’une expertise des nouvelles technologies, ce qui explique l’intérêt qu’ont pu avoir pour l’institution des services publics comme le ministère de la Culture et le ministère de l’Industrie, mais aussi des entreprises privées à la pointe du numérique à l’époque comme Atari.

Or, on l’a vu, on ne souhaitait pas voir un laboratoire de recherche au sein du CCI, notamment parce que l’important budget que représentait alors le matériel informatique était consacré au seul laboratoire soutenu par le Centre Georges-Pompidou, l’IRCAM, sous la figure tutélaire de Pierre Boulez. C’est d’ailleurs sûrement grâce à la personnalité de ce directeur que l’IRCAM put garder ce statut particulier, puisqu’on peut trouver plusieurs documents comparant la figure de Cavadia à celle de Boulez pour valoriser ce dernier et dénigrer l’ARTA dans son ensemble : « il n’est certes pas question de chercher à construire un IRCAM littéraire et graphique : il nous manquerait les BOULEZ correspondants14 ! » La différence de qualité de leurs productions artistiques personnelles est utilisée comme argument, et c’est précisément cette importance de l’art qui pose problème au CCI. Si l’ARTA a souhaité s’adresser aux designers et montrer la puissance de l’ordinateur dans des conceptions graphiques, ses membres soumettent leurs productions à des concours d’art et sont publiés dans des magazines d’arts plastiques. Or, comme le souligne encore Jean-Claude Risset : « il semble y avoir de grandes résistances au Centre, où l’on ne voit pas toujours d’un bon œil ce qui pourrait être l’amorce d’un Institut de création pour les arts plastiques ». L’ARTA justifie son activité de production d’images grâce au design graphique, et explique que ses recherches seront utiles pour la représentation d’informations et de savoirs. Pourtant, les œuvres présentées relèvent le plus souvent de l’art ou de l’exercice de style technique et le rapport sur l’Atelier établi par le CCI préconise une véritable inscription dans le champ de l’infographie afin d’assurer sa pérennité.

L’ARTA n’est pas seulement un lieu de conception d’images, c’est aussi un laboratoire de développement de logiciels, notamment de création. Ces logiciels sont vivement critiqués par Victor-Marie Claes, graphiste permanent dans l’équipe de l’ARTA en 1977 et 1978 : il les considère comme impossibles à utiliser pour des non-initiés. En évolution constante, implémentés selon les volontés des ingénieurs et infographistes, ils ne sont ainsi jamais stabilisés. Il est alors impossible pour le CCI de valoriser cette recherche. En 1984, alors que tous les autres membres de l’ARTA ont été congédiés, Christian Cavadia reste encore employé pour une année, où il doit se charger exclusivement du développement de ces logiciels afin de les rendre autonomes dans le cadre d’une mission en partenariat avec le ministère de la Culture. Ses tentatives pour faire des interventions lors de manifestations extérieures sont alors vivement réprouvées par le Secrétaire général du CCI, René Gourevitch, qui qualifie ses sollicitations vers des organismes extérieurs de « faute grave », et lui rappelle que tout son temps de travail en 1984 est consacré à la mise au point de ces logiciels. Pourtant, au moment de Ne coupez pas !, qui se déroule certes à l’époque charnière de la réduction de l’ARTA, aucun logiciel élaboré au sein du Centre Georges-Pompidou n’est présenté ou même annoncé. Il y a de fortes chances que ceux-ci ne correspondent de toute façon pas au thème de la communication, puisqu’ils paraissent être majoritairement des logiciels de création, mais il est important de noter que l’exposition se concentre sur des projets issus du privé et du public (Fig. 13, Fig. 14 et Fig. 15), tous extérieurs au Centre, et déjà fonctionnels. Nous l’avons dit, ce qui importe n’est plus la projection dans un futur mais de montrer que la société est déjà immergée dans ces nouvelles technologies. Le Centre Georges-Pompidou n’est plus acteur de leur développement, il en présente les étapes, sans jugement. Ne coupez pas ! prend acte, mais ne dirige ni ne porte de direction de recherche ou d’expertise des technologies numériques, à la différence de la mission qu’avait l’ARTA.

Un projet de vulgarisation

À travers les objets exposés et les panneaux expliquant les techniques existantes, l’exposition constate et vulgarise. Le discours doit s’adresser à tous, à la fois dans le propos tenu, et dans le niveau de langage.

Lors de plusieurs réunions, l’équipe pluridisciplinaire réfléchit au discours de l’exposition. Il faut à la fois : parler au plus grand nombre, présenter les peurs et les espérances liées aux nouvelles technologies, être instructif sans en même temps effrayer le public vis-à-vis des risques liés aux nouvelles technologies ou évacuer ces problèmes qui animent l’opinion publique. Au bout de plusieurs remaniements, ces visions pessimistes et optimistes des techniques sont réduites à deux textes réunis sous le titre de « Mythologies », une manière de relativiser ces projections dans le futur et de les inscrire dans une continuité des croyances qui ont fait l’histoire de l’humanité. Les deux images (Fig. 16 et Fig. 17) qui représentent ces pensées opposées sont hybridées en une seule, ce qui balance leurs perspectives et annule la puissance d’imagination qu’elles auraient pu invoquer (Fig. 18). Marc Girard note qu’il faut éviter à l’exposition de prendre un « aspect global négatif15 ».

Les textes liés à l’exposition relèvent d’un véritable travail de vulgarisation. Le titre tout d’abord, Ne coupez pas !, appelle le visiteur par une expression connue moins austère et didactique que la première proposition qui était Communication et socialité. Marc Girard, qui dirige les réunions autour de la rédaction, insiste sur une clarification du contenu. Il fait appel, pour le graphisme et la scénographie, au studio Grafibus qu’il avait rencontré lors d’une exposition au Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble, notamment parce que ses membres travaillent depuis quelques années déjà sur la vulgarisation scientifique, comme l’indique Luc Millet, membre du studio. Lors de l’élaboration de l’exposition, Grafibus discute ainsi directement avec les scientifiques et les fait même participer aux panneaux. Toutes les écritures manuscrites sont rédigées par différents spécialistes. La vulgarisation met donc en place, à travers les panneaux, un contact direct entre les scientifiques et les visiteurs à partir de petites notes, sur divers supports en papier (nappe de cantine, carte postale, etc.) (Fig. 19 et Fig. 20). Un contenu scientifique inscrit alors le chercheur dans une logique d’égal à égal avec le visiteur.

Aucun des panneaux n’est créé à l’aide de technologies numériques, Grafibus n’utilisera en effet des ordinateurs qu’à partir de 198716. Il élabore des panneaux légers, rigides et solides, des qualités idéales pour l’itinérance. Le design graphique de l’exposition relève aussi de codes extérieurs aux nouvelles technologies. La frise en forme de cordon de téléphone spiralé (Fig. 21) est exécutée dans une esthétique picturale, proche de certains codes graphiques des années 1980, la référence au papier parsème l’identité de l’exposition et les typographies évoquent soit la machine à écrire, soit l’écriture manuscrite. Cela produit un lien visuel avec les visiteurs à partir de contenus qui sont parfois complexes, comme le montrent les schémas manuscrits rajoutés au-dessus de notes techniques (Fig. 22).

Il y a aussi une tentative de créer un lieu d’échange par l’exposition. Des terminaux, qui présentent des jeux et des moyens de communication, sont mis à disposition du public, appelé à le manipuler pour en comprendre les possibilités. Marc Girard relève dans une note que les adolescents jouent souvent le rôle d’initiateurs, montrant les manières de faire aux autres visiteurs, et reviennent chaque jour pour améliorer leurs scores aux jeux ou reprendre une conversation par le biais de l’ordinateur. Toutefois, il regrette que cette attraction pour les terminaux soit souvent au détriment des éléments réflexifs sur les panneaux et ajoute que la présence permanente d’un animateur aurait permis un dialogue avec les visiteurs pour les familiariser davantage avec les possibilités autres que techniques de ces nouveaux outils. On sent une véritable envie de s’adresser aux visiteurs, de leur faire saisir des enjeux sociaux et économiques, partiellement empêché par un problème d’articulation entre les éléments manipulables et le contenu textuel.

Ne coupez pas ! relève ainsi d’une passation d’expertise. Au lieu de se concentrer sur une exploration des nouvelles technologies pour une projection dans ses usages futurs, cette exposition s’appuie sur la vulgarisation du contenu complexe que sont les nouvelles technologies, afin de dresser un état des lieux qui s’adresse à l’ensemble de la société. La cellule des technologies nouvelles qui remplace l’ARTA paraît s’inscrire dans cette expertise. Jusqu’à la fusion du CCI avec le MNAM, son rôle sera essentiellement d’assister des commissaires d’exposition sur la question des nouvelles technologies, et d’organiser des colloques. Elle semble ainsi tenir une place d’accompagnement et de médiation, sur des sujets non plus de niches comme l’infographie, mais sur des analyses transversales des nouvelles technologies, à la lisière entre les sciences dites « dures » et les sciences sociales.

Pour évoquer de nouveau les objectifs du CCI, Ne coupez pas ! essaie véritablement de « faire prendre conscience […] de ce “phénomène industriel” [qu’est l’informatisation] ». Pourtant, on peut se demander si l’abandon d’une certaine dynamique de recherche n’empêche pas véritablement le public du Centre Georges-Pompidou d’être « “partie prenante” de cette informatisation pour la comprendre, la maîtriser, donc influer dans sa mise en œuvre et son utilisation17 ». En effet, le manque de connaissances dans les technologies numériques au sein du Centre empêche par exemple une maîtrise des logiciels démontrés. Il y a des problèmes de maintenance de certains dispositifs liés à cette délocalisation du savoir-faire informatique en dehors des équipes du CCI. Marc Girard explique aussi dans une note qu’un des dispositifs interactifs présentés a déçu les visiteurs, car le contenu était limité et ne permettait pas de saisir une véritable potentialité ou une utilité, même si l’excellence technique n’était pas à remettre en question. En comparaison, on peut penser à un projet de l’ARTA, qui avait collaboré à l’exposition Le vêtement épinglé. Au sein de celle-ci, il avait monté un logiciel pour permettre aux visiteurs de se créer et d’imprimer un patron adapté à leurs mensurations. Ce travail cadré, lié à une application de l’informatique dans un domaine à la fois industriel et quotidien, puisque la couture comme activité amatrice était plus répandue à l’époque, semblait correspondre davantage à une volonté d’accompagner des visiteurs dans une pratique d’utilisateur des technologies numériques.

Ce passage d’une expertise à une vulgarisation aurait pu définir une position particulière du CCI vis-à-vis des nouvelles technologies et donner au numérique une place particulière dans cette institution. Pourtant, on ne peut cerner un rythme régulier ou une cohésion entre les différentes manifestations autour des nouvelles technologies dans la décennie qui suit. L’exposition Ne coupez pas ! comporte-t-elle les signes de ce relatif abandon ?

Effacement d’une thématique

Malgré le succès, « un nombre satisfaisant de visiteurs18 » et une itinérance dans plus d’une quarantaine d’espaces culturels19, la thématique des nouvelles technologies semble mise en sourdine à sa suite. Ne coupez pas ! est en fait l’une des deux seules expositions dont la paternité est attribuée à la cellule de « Technologies nouvelles » avec Les chemins du virtuel, présenté en 1989, dont presque aucune trace ne subsiste. La cellule aide l’organisation d’autres expositions, dont certaines ont pour cœur les nouvelles technologies tout en ne relevant pas de sa tutelle. Peu d’expositions sont toutefois dans ce cas. On peut supposer que ce fut le cas en 1987 pour Mémoires du futur : bibliothèques et technologies par Catherine Counot, et Télématique et création, le programme Mosaik, qui se concentrait sur un logiciel de création allemand, puis en 1992 Images virtuelles et projets complexes, par Marie-Laure Jousset. La diversité des sujets de ces expositions et leur faible effectif semblent démontrer l’absence d’une véritable direction prise au sein de cette thématique, un suivi qui aurait fait sens sur le long terme. Cette évolution ne correspond pas au but initial du CCI qui était de se positionner véritablement sur ces nouvelles problématiques.

Le manque d’images fortes ?

Ne coupez pas ! porte peut-être déjà quelques signes de cet abandon. En plus de la mise de côté par le CCI d’une dynamique de recherche, l’importance donnée à la situation présente ou à court terme des nouvelles technologies au sein de l’exposition laisse peut-être entrevoir le peu d’investissement futur dans cette thématique au sein du CCI.

Dans la volonté d’état des lieux et d’objectivité de Ne coupez pas !, peu d’images fortes sont présentes dans l’exposition, la plupart se rapprochant du magazine de presse (Fig. 23) ou de la revue scientifique (Fig. 24), et sont acquises auprès de grandes agences de photographie comme Sygma ou Magnum. Certaines sont des gravures (Fig. 25), d’autres relèvent du fantastique (Fig. 26), mais elles respectent toutes la grille stricte établie par Grafibus, et occupent seulement la moitié supérieure de leurs panneaux, qui, collés les uns aux autres, empêchent toute hiérarchisation entre eux (Fig. 21). Le tiers des titres des panneaux se termine par un point d’interrogation : cette volonté de donner des pistes de réflexion aux visiteurs, plutôt que des réponses dirigées, freine une projection dans des futurs possibles. Deux images sont toutefois mises en avant, celles qui accompagnent les « mythologies » évoquées. La première, pessimiste, est issue de la bande dessinée de science-fiction Wonder City de Claire Monteillier (Fig. 16), qui aborde le thème de la société de surveillance, où, par pur hasard, la technologie se trouve affublée du titre iPhone, et la seconde, optimiste, qui représente un homme au travail, heureux, et entouré d’ordinateurs (Fig. 17). Ces deux images auraient pu constituer deux versants indépendants, deux imaginaires forts, mais, hybridées, semblent s’annuler l’une l’autre (Fig. 18)20. Marc Girard note aussi quelques regrets, comme le contenu de la borne interactive, mais aussi l’absence de médiateurs humains, ce qui aurait pu faire sens pour une exposition centrée sur la vulgarisation.

Un problème de positionnement du CCI

Il est clair que le CCI cherche à ce moment à se positionner sur la question des technologies numériques. La Cité des Sciences et de l’Industrie s’apprête à ouvrir dans les années qui suivent et le but du CCI n’est pas « de se substituer au futur musée des sciences et des techniques, ce qui [nous] oblige à [nous] situer dans un créneau bien précis ».

Alors qu’un travail privilégié sur l’infographie était préconisé à l’ARTA en 1982, Ne coupez pas ! ne propose aucune réflexion sur le design lié à l’informatique. Les textes n’abordent pas les questions de conceptions d’objets ou de conceptions graphiques, mais celles de constructions techniques et de leur impact social. Pourtant, aborder les nouvelles technologies par le design, et notamment par le design graphique, aurait pu être une opportunité pour le CCI de trouver une position sur le domaine informatique et de devenir, par ce biais, une référence en la matière, tout en prolongeant certaines directions de l’ARTA. De plus, comme le soulignait un membre du CCI en 1982 : « le graphisme (avec son corollaire d’images) correspond bien à ce que représente le Centre Georges-Pompidou dans l’inconscient collectif ». Une spécialisation cohérente aurait pu aussi bien intéresser les professionnels que le grand public, puisque « les résultats sont visuels et “parlent” donc aisément au public » et « l’appel à la créativité (ou sa simulation) peut y être facilement exercé21 ». Cette expertise aurait aussi pu être facilitée par la création, la même année que la cellule « Technologies nouvelles », d’une cellule « Design »22.

En suivant les préconisations faites à l’ARTA de se positionner sur l’infographie et la création de logiciels accessibles, le CCI aurait pu tenir un rôle d’avant-garde sur le développement de la création assistée par ordinateur, et pourquoi pas développer une gamme de logiciels français financés par l’État. La cellule des « Technologies nouvelles » qui prend le relais de l’ARTA continue un travail de recherche en demi-teinte, en soutien aux manifestations du CCI, mais n’est plus moteur d’une direction propre. Ses savoirs et une implication non négligeables ne semblent pas avoir pu assurer au CCI une place d’avant-garde dans les nouvelles technologies comme celui-ci le souhaitait en 1982. Son budget sera drastiquement réduit en 1987, quatre ans après sa création et lors du départ de Marc Girard. Dans le rapport d’activité de 1992, l’IRCAM est donc le seul acteur mentionné d’une recherche en nouvelles technologies, le design ne s’y trouve pas.

L’exposition Ne coupez pas !, axée sur les technologies et la médiation, propose une vulgarisation scientifique. Force est de constater que ce positionnement semble avoir été capté par le musée de la Villette qui ouvre en 1986, comme un lieu de diffusion de la culture scientifique et technique auprès d’un large public afin de susciter l’intérêt des citoyens pour les enjeux de société liés aux sciences, à la recherche et à l’industrie. Ne coupez pas ! correspond si bien à ces enjeux qu’on peut postuler que la crainte du CCI de ne pas réussir à se positionner face à cette nouvelle institution se soit effectivement et finalement concrétisée. Cette exposition est d’ailleurs la dernière de Marc Girard à Beaubourg en tant que commissaire. Il dirige la cellule « Technologies nouvelles » jusqu’en 1983 puis rejoint la Cité des Sciences et de l’Industrie. Il en deviendra le directeur des expositions de 1998 à 2015, et y collaborera à de nombreuses reprises avec Grafibus dont les projets de vulgarisation scientifique prennent là tout leur sens.

Ne coupez pas ! constitue donc un moment charnière de la relation aux nouvelles technologies du CCI. C’est une exposition qui porte une véritable envie de vulgarisation scientifique, mais qui marque aussi l’abandon d’un laboratoire de recherche dédié aux possibilités de l’informatique et finalement un échec pour le CCI d’adopter un positionnement particulier vis-à-vis de ces questionnements.

Par ailleurs, le rapport à la recherche au sein du Centre Georges-Pompidou semble être resté difficile depuis la direction de Pontus Hulten. Tandis que l’IRCAM s’est développé en travaillant à rester le plus autonome possible, l’Institut de la Recherche et de l’Innovation (IRI), créé au Centre Georges-Pompidou en 2006 sous l’impulsion du philosophe Bernard Stiegler et de Vincent Puig, et qui avait pour but d’anticiper les mutations des pratiques culturelles permises par les technologies numériques, acquiert deux ans plus tard un statut d’association de recherche autonome, certes co-fondée par le Centre mais qui s’en détache subrepticement.

Ne coupez pas ! semble alors particulièrement bien porter son nom : alors qu’elle devait ou aurait pu sceller la transmission et l’établissement au sein du CCI d’une force de proposition et de médiation autour des nouveaux médias, l’exposition en devient pour nous symbole de rupture : le son qu’on entend au moment même où l’interlocuteur raccroche le combiné…

Bibliographie

Documents d’archives

Archives du Centre Georges-Pompidou, archives de l’exposition Ne coupez pas !, Centre Georges-Pompidou, Paris, 1983, CCI 94033/649, 94033/440, 95016/001, 94040/031.

Archives du Centre Georges-Pompidou, archives de l’ARTA, Centre Georges-Pompidou, Paris, CCI 77001/072, 77001/025, 77001/026, RAP 9300080.

Rapport d’activité du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, Paris : Centre Georges-Pompidou, de 1983 à 1992.

Reproductions d’œuvres et/ou documents préparatoires. Service audiovisuel, 1983, Bibliothèque Kandinsky, CCI 125 DOC.

Ouvrages

AURAY, Nicolas et Samira OUARDI. « Numérique et émancipation, de la politique du code au renouvellement des élites ». Mouvements, n° 79, 2014.

BOULLIER, Dominique. Sociologie du numérique. Malakoff : Armand Colin, « Collection U », 2016.

s.n. CAO (Conception Assistée par Ordinateur). Paris : Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, 1978.

s.n. Écrans pour tous ? Démocratie locale et nouvelles technologies de communication. Paris : Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou/CCI, 1983.

s.n. Générations infographiques : images du futur. Paris : Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou/CCI, 1982.

MANOVICH, Lev. Le langage des nouveaux médias. Dijon : Les presses du réel, 2010.


  1. Création graphique et ordinateur en 1980, Générations infographiques : images du futur en 1982, Ne coupez pas ! en 1983.↩︎

  2. Dominique BOULLIER. Sociologie du numérique. Malakoff : Armand Colin, « Collection U », 2016.↩︎

  3. Respectivement Claude Baltz, Jean-Marc Lepers et Alain Lelu mais aussi la politologue Marie Thonon.↩︎

  4. Christian CAVADIA. Rapport d’activité de l’ARTA de 1980. Archives du Centre Georges-Pompidou, 1980.↩︎

  5. Rapport sur l’ARTA. Archives du Centre Georges-Pompidou, 1982.↩︎

  6. Ibidem.↩︎

  7. Ibidem.↩︎

  8. Ibidem.↩︎

  9. Il s’agit d’une reformulation française du concept d’empowerment.

    Nicolas AURAY, Samira OUARDI. « Numérique et émancipation. De la politique du code au renouvellement des élites ». Mouvements, vol. 79, n° 3, 2014, p. 13-27.↩︎

  10. Rapport sur l’ARTA. Archives du Centre Georges-Pompidou, 1982, p. 16.↩︎

  11. Rapport sur l’ARTA, cité ci-dessus, établi sur l’organisme en 1982 et mené par la direction du CCI et la Mission informatique du ministère de l’Industrie.↩︎

  12. Ibidem.↩︎

  13. Ibidem.↩︎

  14. L’ARTA et ses perspectives. Archives du Centre Georges-Pompidou.↩︎

  15. Marc GIRARD. Compte-rendu de la réunion du 21 mars 1983. Archives du Centre Georges-Pompidou, 1983.↩︎

  16. Grafibus convoque ici des moyens de photomontages traditionnels, puis confie ses compositions à une autre entreprise qui, après les avoir déshydratés, les pressera à chaud entre des plaques de PVC.↩︎

  17. Rapport sur l’ARTA. Archives du Centre Georges-Pompidou, 1982.↩︎

  18. Marc GIRARD. Premier bilan après 2 mois de présentation au public du Centre Georges-Pompidou de l’exposition Ne coupez pas ! Nouveaux médias et communication. Archives du Centre Georges-Pompidou.↩︎

  19. La Fédération des Œuvres Laïques Lot-et-Garonne, la maison de quartier Guy Môquet d’Argenteuil, l’office de la culture et des loisirs de Seclin, etc.↩︎

  20. Même si le pendant optimiste occupe plus d’espace.↩︎

  21. Rapport sur l’ARTA. Archives du Centre Georges-Pompidou, 1982.↩︎

  22. Aimée GANSER-FONTAINE. Rapport d’activité 1983. Paris : Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, 1983.↩︎